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Le Périlgourdin

Blog pour une information locale rieuse et partagée loin des tristes monopoles

CARTE BLANCHE. Bibliothèque anar-libertaire pour tous à Cubjac

Publié par leperilgourdin

Dans sa page "Carte Blanche", le Périlgourdin accueille l'expression de groupes et individuels de son choix, avec des liens, quand il y a lieu, sur leurs sites. Bons partages.

Bienvenue sur le site des Bibliothèques Libertaires ENCRES NOIRES et Le Rocher à CUBJAC.

Encres Noires (la bibliothèques anarchiste toulousaine) vient de rejoindre Le Rocher. Nous sommes installés aux alentours de Périgueux dans un lieu tendant vers l'Autonomie. Les permanences ont repries et les bibliothèques sont désormais ouvertes tous les Samedi de 14H à 17h. N'hésitez pas à nous contacter par mail: encres-noires@squat.net. Et précisez nous si vous souhaitez que l'on vous ajoute à la news-letter (synthétique et occasionnelle) du collectif et de la bibliothèque !

Pour l'instant, nous disposons de presque 700 livres sur les sujets en rapport à l'Anarchisme, le Monde Alternatif, l'Antifascisme, l'Antiracisme, l'Écologie, le Féminisme, l'Histoire, etc… plus quelques BDs et de nombreuses revues à consulter sur place. Si par hasard, vous possédez des bouquins que vous souhaiter donner ou prêter afin de les partager, nous sommes preneurs. Ce lieu occupé depuis début janvier en plus d’autres activités (jardins, soin aux animaux et construction) est un espace pour lire, emprunter, discuter, partager, etc… Encres Noires tient à saluer et à remercier tous ceux qui nous ont aidés, soutenus, offert ou vendus à moindre coût: l’Atelier de Création Libertaire (ACL) ; Ni Patrie, Ni Frontières ; Libertalia ; S!lence ; No Pasaran ; l’Echapée ; Tahin Party ; les Fondeurs de Briques ; la Fabrique ; Sextant ; Tanibis ; le Passager Clandestin ; Courant Alternatif ; le Fakir ; Liberterre ; le Flibustier ; Rytrut ; La Dispute ; Les Cahiers Spartacus ; Syllepse ; Demi Lune ; Croquant ; Gatuzain ; L214 ; Chant d'Orties, La Puce et tous ceux que j’ai oublié… MERCI !!!

LIRE DES LIVRES & LIRE DÉLIVRE. BONNE LECTURE!!!

Adresse  site: http://encres-noires-squatt.net

 

Les chroniques d'hôpital d'un patient périlgourdin

par Claude Fortin

Claude Fortin, jazzophile et créateur du festival Macadam Jazz de Périgueux s’est éteint après un séjour hospitalier d’où il nous avait envoyé sous le titre « Canardez-moi » sur le site des poèmes non sans humour sur les affres du patient que nous avons publiés et décidé de garder sur le site.

Claude Fortin, qui était président de l’association Jazzogène, est décédé, à Domme des suites d’une tumeur au cerveau. Périgueux lui doit d’avoir créé, géré et animé macadam jazz, festival qui est devenu un des rendez-vous incontournables de l’été périgourdin.

Grâce à son attention permanente à la création et à la musique vivante, à son travail incessant, des problèmes pratiques de l’intendance jusque, sur le fond, à l’exigence totale de qualité à la portée de tous, on a gratuitement, sur les places et terrasses de bistrots de la vieille ville , ouvert nos écoutilles et découvert les premiers les jeunes pousses du jazz français et européen qui sont aujourd’hui sur les plus grandes scènes, donnant raison à cet infaillible découvreur.

Depuis son retrait pour cause de maladie, le festival a continué mais a du être repris, derrière cet infatigable découvreur et militant qui s’est avéré irremplaçable, en direct par l’intendance de la ville de Périgueux via son association le CLAP organisateur des festivités.

Claude Fortin, qui n’aura pas joui longtemps de sa retraite de professeur au lycée Laure Gatet vivait dans son refuge auditorium des hauteurs des Eyzies, on lui doit aussi l’organisation de concerts et d’ateliers d’improvisation en Sarladais. Il était également saxophoniste baryton au sein de la fanfare groove le Grand Ordinaire où il laisse aussi un vide béant.

Des ses séjours de soins hospitaliers , il nous a adressé des poèmes impressionnistes qui évoquent non sans humour les affres du « patient » face à la grande machine blanche. Nous avons décidé de les garder sur le site.

Canardez-moi

Poèmes impressionnistes d’un patient lâché entre les pattes des toubibs périlgourdins


par Jean-Albert Zig zag dit Jazz


Nous sommes tous égaux.
Certain décollent un peu du plancher.
Quel autre bien pourrait les amener
À agir ainsi, si ce n’est que celui
Qui nous tient le plus au cœur : la santé.
Toutes ces histoires sont vraies.
Sans doute s’y sera-t-il glissé,
Quelques invraisemblances,
Ou quelques inexactitudes.
Le but n’est pas de faire de la recherche.

La maladie :
C’est une tumeur au cerveau,
Bref un glioblastome frontal gauche.
Le genre de truc qui vous cache les mots,
Les remet parfois en place,
Sans compter la perte définitive
Irrémédiable des mathématiques.
Je n’en suis pas aux grandes théories.
Et il y a de bonnes calculatrices.
On comprendra souvent parfois
La pauvreté du vocabulaire.
J’ai cru que ce cancer était de ceux
Qui se guérit des plus facilement.
Il semblerait qu’il n’est est rien.
Les moyennes sont variables,
Mais de nouvelles techniques
Existent et évitent le retour du machin.
Un glioblastome revient parfois
Et le malade finit par s’éteindre,
Comme il s’est un jour allumé.
Et comme il le sera toujours.

PS : Tous les mots sont au masculin et les femmes, sauf exceptions ne sont pas identifiées en tant que telles.
Toutes ressemblance avec des personnes ayant, pouvant, où ne pouvant pas exister ne serait peut-être pas complètement illusoire.



CHRONIQUES D'HOPITAL

J'ai été soigne par Dieu.
Dieu est un personnage affable
Aux tempes grisonnantes.
Qui efface sans bavures
Les taches de cerveau
Et qui pratique à merveille
Le point de croix.

I1 est revenu me voir
Avec un papier sur la recherche à la main.
Je n'avais pas le droit de signer.
Je l'ai lu et me suis empressé de signer.
Tout sur la recherche technique
Tabac, OGM, bactérie etc.
Mais rien sur la vie, la bouffe, le mode de vie.
Rien sur la vie, y compris celle de l'hôpital
Il est revenu chercher le papier
Et il m'a engueulé.
C'est comme ca qu'on traite les malades en neuropsychiatrie.

Plus tard, dans ce magnifique Pellegrin,
En neuropsychiatrie,
Avec des bruits de marteaux-piqueurs
De 8 heures du matin a 18 heures du soir,
Il (Dieu) est venu me présenter
Une feuille à signer pour être affecté à Blassidan
J'ai dit non.
Il a dit oui,
Parce que cet établissement est affecté avec le leur.
57 Km de périgueux 15 km d'autoroute et des centaines
De mètres d'allées à peine carrossable.
Et on a trouve un arrangement.
Entre mon médecin-traitant
Et un assistant social
Dans le ci-second (c'est joli, non !)
Le chien du Directeur gueulait toute la journée
Mais on ne pouvait rien dire :
C'était le chien du directeur.

Maintenant je suis dans l'établissement définitif et j'y suis très bien.



RENCONTRES A L'HOPITAL

Premier jour à cet endroit.
Rencontre avec une dame joyeuse
Qui fait des films avec Robert Hossein le matin.
Elle aurait été son amante dans le années 70,
Mais va savoir.
L’après-midi, c'est du Godard;
Allons-y, Allonzo
Et elle chante très fort toute la journée.
Et elle chante bien.
En fin de semaine ; on reçoit la famille et
On se promène dans les couloirs en chantant des cantiques.

J'ai fait aussi la rencontre de mon voisin de Chambre
II a sa femme à l'autre bout du couloir.
On se croise dans les couloirs.
On se fait des grands sourires « sympa ».

II m'a dit c'est chouette l'automne.
J'ai dit «oui, mais il pleut ! »
Pas l'automne, le loto !
Le loto ? Oui !
Toutes les semaines, il y a des gens qui gagnent.
Ah, c'est bien ! Non, parce que toutes les autres perdent.
Ah ! Difficile de chlore ce type de débat.

En tout cas, ca c'est mieux que tout le reste.
Et je ne m'y sens pas trop mal.


UNE VISION FLOUE

Floue prise parce que prise en salle de réveil,
Mais pas si floue dans son intensité.
C'est quoi, une salle de réveil :
C'est une sale ou son entasse des gens en train de dormir,
De se réveiller ou bien d'être entre deux eaux.
Ce n'est pas une salle ou on se réveille seul dans la paix et la tranquillité
On entend tout le monde parler, et du monde il y en a.

Je devais sortir de la salle de réveil.
Près de moi s'élève une conversation.
Discussion entre une jolie fille et une autre un peu plus enveloppée.
Le ton s'envenime très vite.
Et l'une lâche une incongruité sur la disgrâce de l'autre.
Dans un patois « Frontal » (dont on reviendra plus tard),
Suffisamment flou, mais assez net pour être compris.

Puis j'apprends par ce que j'appellerai un responsable d'hôpital,
Que je ne sortirai plus lundi, mais le lendemain après midi.
J'y suis allé de ma réclamation.
Et le chef a décidé qu'un opéré en neurochirurgie,
Ne pouvaient pas rester la en fonction des angoisses
Que cela pouvait lui créer.

On m'a donc affecté à une chambre.
C'est la jolie fille qui conduisait le caddie.
Elle a du écorner toutes les salles de Pellegrin,
Déjà en si triste état ?




VISIONS DE LA NUIT

Je dormais bien.
Sans produit. Content.

Soudain :
Monsieur Zig, Monsieur Zig, Monsieur Zig
Un quart d'œil s'ouvre : vous ne m'intéressez pas : replouf.

Monsieur Zig, Monsieur Zig, Monsieur Zig
On est combien ?
Un, deux, replouf.

Monsieur Zig, Monsieur Zig, Monsieur Zic,
Là, elles me réveillent complètement
Manifestement satisfaites
Un peu comme descendre de vélo
Pour se regarder pédaler.

Mon voisin, bien réveillé, essaie de sortir du lit,
Mais n'y arrive pas.
J'appelle l’infirmière qui fait le nécessaire,
Elle me remercie et me souhaite une bonne nuit.
Bonne nuit, madame.

Une heure après l'infirmière est venue me demander si je dormais.
NON !
Et vous allez me refaire ça toutes les nuits ?
Ben, oui Monsieur, on est a l'hôpital ici.
Je ne peux pas vous donner de somnifère sans l'avis du médecin
Et un Doliprane ?
Un Doliprane n'a jamais fait dormir personne.
Moi, si. J'en ai pris un et j'ai dormi.
M'en fous, il était prescrit.

C'est bien l'hôpital.

TOUT LE MONDE A LA MAISON

C'est vrai qu'entre l’hôpital gériatrique et
Enfermement, on ne sait pas quoi choisir ?

La veille de mon premier départ en permission
Mon voisin de chambre,
Qui s'était bien amusé
A faire courir avec 2 de ses copains
L'infirmière de nuit.
A fini par se casser la gueule
Et par la même occasion le col du fémur.
Direction : chirurgie.

Le suivant avait des angoisses nocturnes
Je n'ai pas pu dormir pendant trois nuits,
Même avec les boules Quies
Car il franchisait les rambardes du lit.
Ils l'ont mis sous calmant,
Et il se promenait à poil dans les couloirs.

Depuis ils l'ont attaché
Et lui ont donné son traitement d'origine
Depuis, ca allait mieux. C'est là qu'on m'a changé de chambre
La gériatrie, c'est pas terrible non plus.

Depuis, c'est la maison.
Et c'est ce qu'on peut faire de mieux.



ET DEMAIN, QUOI DEMAIN ?


On m’a posé des questions sur mon pessimisme.

Moi, je crois que je suis pessimiste.
S’il ne fait pas beau aujourd’hui,
Il fera beau demain.
Et souvent je me trompe.

D’autres sont optimistes,
Ils pensent que ce sera pire demain,
Et ils se plantent aussi.

Moi, dans ma tête, je me sens bien,
Pour le moment.
Aucune douleur, je dors bien.
J’ai de 5 à 10 personnes
Qui viennent me voir
Pour le moment …

L’optimiste où le pessimiste,
Je ne sais pas.
Mais dans ce fonds qui me reste de cervelle.
Il me semble que ce qui compte,
C’est la confiance dans l’autre.
Pas l’indifférence.
C’est l’amitié,
La vraie, pas les paroles qui changent.

Je vivrai.

Mais, je vivrai.

LES SYNDICALISTES

Des histoires comme la mienne,
Les syndicats de santé en sont pleins.
Mais en face, il y a les lecteurs,
Ceux qui pensent qu’il y a toujours
Eu les forts et les faibles,
Et qu’on n’en sortira jamais.

Il y a aussi ceux qui pensent
Que ma foi, c’est comme ça,
Et c’est comme je dis.

Et puis, il y a la grande majorité
Qui s’en fout.

Je ne cherche à régler aucun compte,
J’en parle parce que ça existe,
Et que ça me fait du bien d’en parler.
Dans je ne sais quelle Université des États-Unis,
On a fait écrire leurs difficultés
Et leurs problèmes aux élèves
Qui en avait (des difficultés).
Puis rien aux autres.

Je n’ai rien contre
La lutte des classes
Bien au contraire,
Si ce n’est pas ça la lutte des classes !


LE RETOUR

Je ne vais pas raconter les détails,
De l’histoire qui suit.
Elle est à la fois simple et atroce.
Jusqu'à la première permission
Tout allait bien.
Un gros clash est arrivé.
Nous avons fait déplacer
Un médecin.

Il n’a même pas voulu
Savoir de quoi il s’agissait.
Vous faites partie de 2 mondes différents.
L’un est malade, il est angoissé,
L’autre est celui qui avait la jouissance de la maison.
Il s’en servait comme il voulait.
Il est angoissé et pour des motifs
Pas très différents des vôtres.
Il n’aura plus de vie.
Vous n’en aurez pas non plus.
Rancœur contre rancœur, Marasme contre marasme.

Solution :
Un cachet pour le papa (léger),
Deux cachetons pour faire dormir le petit le soir.
Il n’en prend déjà plus et depuis tout va bien.
C’est le garçon le plus gentil, serviable.
Et moi, un gentil père de famille
Qui laisse vivre sa vie à son fils.
Le quel n’a pas l’air de s’en plaindre.

Et qu’est-ce qu’il cuisine bien le bougre, même sans sel.
Il m’a appris à apprécier la viande sans sel.
Les légumineuses sans sels, le riz, les pâtes à la tomate …
Et c’est super bon.
Le sel, c’est un simple luxe,
Ça ne sert pas à grand choses.


JE TRAITERAIS BIEN … MAIS


Retour vers le médecin. Mon tour arrive. Mais ce n’est pas à moi. Il prend le combiné un bon quart d’heures.
J’entends tout depuis la salle d’attente. Et il se met à se renseigner sur mon cas à l’hôpital,
Il revenait de vacances, on ne peut pas tout faire,
Eh, ils y ont droit, eux aussi.

Il était hors-zone, on l’avait pris pour remplacer
Un médecin indélicat de mon épouse,
Décédée quelques années auparavant,
Qui avait laissé se perdre une analyse
De sang en rendant systématiquement
Responsable le laboratoire.
Rien d’important : un cancer du pancréas.

On rentre.
« Monsieur Zig, ça ne vas pas être facile ».
J’ai compris : étant hors zone et dé sédentarisé,
Ne pouvant se déplacer que sur exception.
Il fallait trouver quelqu’un d’autre. Il existe un nouveau médecin chez vous,
Vous ne pouvez qu’y gagner.

Au centre de la conversation,
Avec des petits sourires agacés :
« Qu’il ne comprenais plus rien à ce que je disais. »
Excédé et dans un charabia approximatif,
J’ai essayé de lui faire comprendre
Que c’était peut être lié à mon état de santé.
En effet, il m’a dit que c’était souvent fatigant.
Si j’avais été un peu moins gringalet et chétif.
Je crois bien que son bureau aurait volé.

Je n’ai rien à perdre.

LA PHARMACIE DE L’HOPITAL

Le médecin chef
Parle très bien, mais seulement
En termes spécialisés.
Vous avez compris M. Zig ?
Non.
Mademoiselle, expliquez-lui.

Il me fallait prendre du Thémodal,
Il n’y en avait pas en pharmacie chez-moi,
La pharmacienne m’a dit, ils vous le donneront à la clinique.

Et le Thémodal, M. Zig,
Vous savez lire ?
Avant, oui. Mademoiselle, expliquez-lui.
En fait, la pharmacie, c’est celle de l’hôpital (le grand).

Elle est fermée le matin ?
Ils on été sympas, ils m’en ont donné quand-même.

MALIN, MALIGNE

Où suis-je, qu’ai-je ?
Passé pas très loin, ça c’est sur.
Une crise d’épilepsie
Sur l’autoroute de catalogne.
N’y pensons même pas.

Qu’ai-je gagné ou perdu ?
Une cicatrice, oui bon.

Des mots perdus. Avec un peu d’attention,
Certains reviennent parfois,
Au total, ça fait une douzaine de mots en tout.
C’est au moins ce que je croyais.
Puis les mots occultés,
Avec une périphrase,
On s’en sort parfois comme tout le monde.

L’ordre alphabétique
A quelques problèmes,
Je m’en sors avec un petit carton.

Les math : oui ça c’est fini.
Même en apprenant les tables de multiplication.
On m’a expliqué que ça ne reviendra jamais.
Car ça correspond à la zone supprimée.
Mais il y a de très bonnes calculettes.

Et la zone frontale ?
Celle qui contient toutes les turpitudes,
Que reste-il encore ?
Ah ! Encore un peu de malignité,
… peut être.


C’EST JUSTE POUR RIRE

Après ce que je viens de dire, il est important de préciser.
Surtout qu’il ne s’agit de gens que j’aime bien.
Je ne veux leur faire aucun mal.

Lorsque le toubib à annoncé à Pierre Desproges qu’il avait un cancer,
Il est parti au bistrot d’en face et a commandé un beau tourteau : match-nul.

Une personne avec qui le suis peu liée,
Prend de mes nouvelles tous les deux jours.

Par contre j’ai une grande affection pour une autre,
Mais les nouvelles sont plus rares : pudeur peut-être.
On est avec toi, mais tu sais, la seule solution, c’est toi qui l’a.

Untel n’a pas très bien compris quand il s’est esclaffé
De mes maladresses mathématiques.
Il s’en est voulu, il n’y a pas de quoi.
Hier, il m’a dit « des fois, ça marche ».
J’ai dit moi aussi, sinon je ne vois pas pourquoi je ferais tout ça.

Il y a deux jours, ou plus, j’ai reçu une carte,
Ouverte bien sur du bon côté : une bonne grosse poignée de terre. La bonne terre du pays. Putain, la prospective va vite, dans ce pays.

C’était vraiment juste pour rire.


LA GRANDE PYRAMIDE DE FERRERO

- Alors ça c’est bien passé Samedi,
- Oui, super,
- Qu’est-ce que vous avez mangé ?
- On a mangé un truc incroyable :
- Du foie gras avec des cerises à l’intérieur
- Non ?
- Si !
- Et la pyramide Ferrero, à l’entrée du Leclerc, tu l’as vue.
- Non.
- Pourtant avec la montagne derrière, comme à la télé.
- Aïe, tu me coince le doigt.
- Oh, pardon.
Et moi, dans ma tête enturbannée,
Je mange du foie gras (sans sel)
Et des Ferrero Rocher (sans sucre).
Tiens on change les plaques.
Le garçon n’a pas dit :
Attention, Monsieur, ce n’est pas fini.
Ce n’est peut être pas le même. Attention, ne descendez pas, c’est trop haut.
- Tu as fini toi, tes courses de Noël.
- Non, il faut que j’y retourne.
- Tu regarderas bien, la pyramide Ferrero.
- T’inquiète.


TOUT REAPPRENDRE

Ce n’est pas difficile, c’est long.

Réapprendre les commandes du réveil,
Réapprendre les commandes de la télé,
Réapprendre les commandes du microordinateur (pas toutes),
Réapprendre presque tout les logiciels,
Réapprendre les sens des commandes,
Etc.
La vie n’a jamais été qu’un long apprentissage.

Il y a des moments où on ne se sent pas bien malin.
Des moments où la parole va plus vite que la pensée.
Un plus grand prend la place d’un moins où la droite pour la gauche.
Ce matin, je n’ai rien compris à l’explication de mon garagiste.

Heureusement, il y a des gens qui parlent.
Pas assez.
Et j’écoute, même quand il s’agit de cuisine,
Ce qui n’est pas du tout mon domaine.

S’agit-il d’une régression ?
Mais de moment de la vie quotidienne
Qu’on aimerait bien évacuer.
Les boyaux de la tête son un peu ballottés,
Ce qui n’empêche pas une certaine logique.

Patience, patience …

JE VAIS PEUT-ETRE CHANGER DE CHAUFFEUR DE TAXI

J’en ai déjà plusieurs,
Et tout le monde se fout de savoir
Que j’en change ou pas.
C’est un type qui n’arrête pas de chanter
« Et j’entends siffler le train. »
Ce n’est pas que c’est vraiment agaçant,
Mais c’est carrément casse couille.

On a parlé lecture
Vite fait.
- Vous arrivez à lire le journal dans la voiture
- Non, pas très bien.
- Il m’a dit, moi une demi page m’endort, je ne lis jamais.
Après il y a eu un échange violent au téléphone.
- Il y en a mare de tous ces numéros qui changent,
Moi, j’ai laissé le mien au bureau …
Et s’il y en a qui ne sont pas contents …
Moins fort s’il vous plait.
Il râle toujours, mais il est très sympa.

Ce matin, c’est encore lui.
Il était un peu en avance.
« Et alors, on va pas se laisser emmerder
Par les voitures qu’il y a partout à cette heure-ci ! »

Je n’ai plus le langage dual du début, avec les mots introuvables.
Je recommence où les mots perdus reviennent (parfois)
D’autres ont tendance à disparaître.
(Mais, ca peut revenir avec un peu d’attention)
Le matin, est à peu près celui
Que vous avez connu à l’hôpital,
Mais le soir avec la fatigue,
Et les mots qui manquent, c’est plus confus.

Un grand nombre de copains passent régulièrement.
Je sais que ce n’est pas facile quand on bosse,
Mais si vous avez l’occasion de venir
Tailler un bout de bavette avec moi,
Ça me ferait vraiment plaisir.


ADSL, ODAS 24, NEIGES ? COPAINS QUI VONT SE LES GELER, LUMIERES,
C’EST NOËL

Mes enfants m’ont offert l’adsl.
C’est vachtement bien,
En plus avec des cassettes électriques
Qui ne transforment pas ta chambre en micro-ondes.

Hier, je me suis fait poser la téléassistance 24,
En fait c’est un bib-bip qui permet de joindre quelqu’un en cas de pépin.
Il faut donner quatre noms de personnes au lieu de 3 sur la liste.
J’ai appelé un assistant social
Il a essayé de se mettre en 4° personnes au lieu de 3° sur la liste,
Avec des arguments sans doute sensées,
Mais au lieu de les expliquer, il a essayé de m’en convaincre,
Avec des « Mais Zig, Zig, Zig, Zig ».
A partir de là, je n’écoute plus.
L’après-midi, le démonstrateur est venu.
Il avait à peu près la même démarche, mais là j’ai écouté.
Ben oui, il y a des assistants sociaux
Qui doivent prendre leurs clients pour des demeurés.
Surtout moi.

Sinon, il y avait un superbe manteau de neige
Sur la campagne environnante.

J’ai pensé avec un vibrant hommage,
A mes petits camarades de la fanfare
Qui vont se les geler,
Pour les Père-Noël Vert.

Et puis, les opératrices de la radiothérapie.
Elles avaient des bonnets à pompons,
Avec des petites lumières qui scintillaient autour.
Je leur ai dit qu’elles étaient très jolies comme ça.

J’ai pensé qu’elles auraient été
Encore plus jolies,
Sans ce machin ridicule.
Mais ça,
Je n’ai pas su leur dire.


PAS DE VENGEANCES S’IL VOUS PLAIT

Tout sera tu.
Deux différents importants,
M’ont opposé à un membre du bureau
Et à une autre personne.
Mais les évènements passés,
Ne correspondent pas du tout
A la période visée
Ni à la compression de la tumeur.

Je me souviens qu’à l’âge de deux ans
Ou de deux ans et demis (plus ou moins).
Non, je me souviens du froid en faïence
De la cuisine.
Le reste, c’est Maman qui me l’a raconté. J’avais l’habitude de jouer
Avec une grande boite
Où ma grand-mère rangeait ses boutons.
Je les classais, les assortissais, bref, le pied.
Mais j’ai eu un jour la grande idée de retourner la boîte.
Des milliers de boutons sur le sol,
Plus de choix, encore plus de paradis.
Mais lorsque ma mère
A voulu me faire ranger la boite,
Mes deux mains se sont fixées sur le sol
Et n’en ont jamais bougées.
Ben oui, m’imposer un tel froid.

Certes j’ai un caractère peu docile,
Si peu qu’on s’y prenne mal,
Je l’admets, j’en conviens.

Mais il y a des choses
Que l’on peut admettre,
D’autres non.

BASES MOLECULAIRES ET STRUCTURES DU VIVANT

INSERM :
Blablabla …
Le domaine concerné implique donc des recherches pluridisciplinaires associant biologie, physique, chimie, bioinformatique et mathématiques.

Un rapide coup d’œil sur la recherche actuelle.
Des mutations de la GnRH1 entraines une absence de GnGRH entraine une absence de développement pubertaire.
Une nouvelle protéine nécessaire à la fertilité.
Une enzyme anti oxydantes pour protéger les spermatozoïdes.
Des progéniteurs capables de se différencier en cellules sources germinales.
Un mécanisme épi génétique héréditaire contrôle la taille.
Mécano-sensibilité de la myosine II : l’invasion du mésoderme embryonnaire, mécaniquement induite.
Production de cellules B sécrétrices d’insuline à partir de cellules pancréatiques.

Mon intention, n’est surtout pas d’évoquer l’inutilité de ses recherches.

Mais Tchernobyl et Fukushima ?


LES PROGRES DU PREMIER PLAN ANTICANCER

Le plan anti cancer mis sur pied en mars 2003 avait pour objectif de garantir un accès aux soins de bonne qualité pour tous, quelle que soit la zone géographique où l’on séjourne …
Même si des inégalités dans ce domaine persistent encore (par exemple sur les inégalités en matière de traitement), ce plan a permis de grandes avancées dans la prise en charge du cancer en France.

- La lutte contre le tabac, l’alcool et une mauvaise alimentation, et la pollution
Environnementale doivent être limité ces organisation contre l’organisme, facteurs favorisant de certains cancers.
Alors là, j’aimerais vraiment savoir, quant on sait que le tabac, l’alcool et la toxicomanie se développent malgré toutes les lois. Il faut des années avant de d’en apercevoir : tant que ce n’est pas déclaré négatif : ça marche.


Les points du plan anti cancer :

- La nécessité urgente de mieux évaluer les cancers liés à l’environnement et aux métiers.
- L’insuffisance des mesures destinées à faire baisser la consommation de l’alcool, plus particulièrement chez les jeunes.
- Le retard du dépistage du cancer du colon.
- L’urgence d’une égalité d’accès à des soins identiques et de même qualité pour tous, objectf numéro un du plan anti cancer.
- Les progrès du traitement et de la recherche.
- Un adulte sur deux guérit du cancer et 70 % environs des enfants guérissent du cancer.
- Plus de 60 % des malades sont en rémission au bout de 5 ans (tout dépend du type de cancer, du traitement, du stade de la maladie à partir duquel le traitement a débuté.
- Les taux de guérison ont augmenté pour les cancers du sein, les leucémies et les lymphomes.


Sans oublier de dire que si les cas de cancer diminuent, leur nombre augmente, 1.1% par an sans tenir compte de l’augmentation de la population.

Enfin, un peu d’humain, et c’est pour quand tout ça ?


NOSTALGIE, RETOUR

Pendant le voyage retour (et aller),
Je dors.
Il me suffit d’entendre sur le sol,
La petite secousse à l’entrée
Du chemin qui va à la maison.

Sans même ouvrir les yeux,
J’entends les brebis, parties en retraites,
Parfois les ânes.
Les chemins qui traversent anarchiquement
La forêt.
La maison du voisin, hospitalisé depuis peu.
Les cui-cui sur les branches
De los àrboles. La boîte aux lettres,
Avec le paysage lunaire souvent
Caché dans le brouillard.

Au revoir Monsieur,
Au revoir Monsieur, à demain.

VIVE L’ORDI

Il y a des jours faciles,
D’autres non.

J’ai l’impression d’avoir
Un gros tuyau dan la tête,
Un tuyau ou les mots
Se mêlent, s’oublient,
Se malaxent, reviennent,
Repartent, se rejoigne,
S’enchevêtrent, se broient,
Réapparaissent et redémarrent.

Et pourtant rien n’est fixe.
La mécanique semble fonctionner malgré tout,
Mais tout ne vient pas au même moment.
Les médecins ont le droit de se marrer.
Cette page n’a aucun caractère scientifique.

Enfin, bref, plus le jour est simple et plus j’écris mal.

Vive l’ordinateur.


BUSINESS IS BUSINESS

Il y a des vrais médicaments et les faux.
Une très grande partie serait inefficace.

Des vrais, des faux, combien en prends-je ?
Quelles sont les conséquences des vrais sur notre vie.
Faut-il avoir la preuve réelle de sa toxicité,
Pour arrêter de le fabriquer.
Les fabricants ne risquent rien : il ne savait pas.
Belle invention que « le responsable n’est pas coupable »
Inventé je crois pour M. Rolland Fabius,
Lors de l’affaire du sang pollué.
Avant un pouvait être responsable pour fait d’autrui,
Ou des personnes ou des choses qu’on a sous sa garde.
Maintenant, on dira qu’on ne savait pas.

Lire les modes d’administration :
Informations à connaitre avant de prendre le …
Ne prenez jamais si, si et si …
Faites attention si …
Mises en gardes spéciales …
Si une ou plusieurs de ses évènements se produisent :
contacter rapidement votre médecin …
Effets indésirables éventuels …
Précaution d’emploi …
Aliments et boissons …
Prises d’autres médicaments …
Grossesse et allaitement …
Effets indésirables fréquents …
Autres effets indésirables.

Avant on avait le loisir de mourir malade,
Maintenant on meurt guéri.

Mais, il y a aussi les pseudos médecines,
On connait aujourd’hui les dangers
Des huiles essentielles.
Il y a les charlatans, les pages des magazines en sont pleines.
Devenez thérapeutes chinois en trois mois.
Et pourquoi pas chirurgiens à l’AFPA ?
Ou cosmonaute à mi-temps.

Et puis, il y a aussi la nature
Même quand on s’inspire de ses procédés,
Une grande partie reste totalement oubliée.
Oui, la bonne vieille tisane, bien sur.
Certaines ont été bien étudiées,
Mais l’essentiel est encore à faire.


CADUCEE

Dans la grande confraternité syndicale,
La clinique ne connait pas les heures,
D’ouverture de la pharmacie de l’hôpital,
La seule à distinguer certains médicaments,
Elle n’ouvre que l’après-midi.

Vous aurez besoin d’y être, me disent les infirmières.
Quand on a besoin de limiter les déplacements, c’est pratique.
Faux : on a remis le produit au chauffeur de taxi,
Moyennant carte vitale et ordonnances.

Moi, ce jour là j’avais la possibilité d’aller au cinéma,
Un copain avait eu la gentillesse de m’y amener.
Mais, dan l’incertitude, il a fallu attendre.
Donc, tant pis pour le ciné.
J’y reviendrai.

Pas de permis de conduire,
Pendant au moins 2 ans c’est dur.
Un fils sans permis aussi.
Que faire alors de mes journées ?
Deux à quatre kilomètre de marche par jour,
Lecture, quand c’est possible.
Cinéma, radio, quand c’est possible.

En attendant, des jeunes filles,
Me font le ménage,
Les courses
Et même me coupe du bois.


CRABE

Moi, ça m’a toujours gêné
Qu’on appelle cet animal un Crabe
Selon le dictionnaire des synonymes :
Ca aurait pu s’appeler un tourteau,
Un brachyoure, une étrille,
Une araignée de mer.

Ce qui me gène en fait,
C’est les pinces.

Selon Wikipédia :
Le cancer est une maladie caractérisée
Par une prolifération cellulaire
Anormalement importante,
De telle manière que la survie de celui-ci est menacée.

Il aurait pu s’appeler un épithélioma,
Ou tumeur, un polype,
Ou papillome, ou un carcinome,
Ou une reproduction, un peuplement,
Ou une génération, ou sarcome,
Ou une enflure ou une excroissance,
Ou une ampoule, ou tubérosité,
Une ampoule, un kyste, ou une tuméfaction,
Ou un abcès ou un furoncle,
Ou un orgelet ou un fibrome.

L’idée du papillome était jolie.
Mais pourquoi des antennes
A la place des pinces.

Et pourquoi pas une enflure,
Pas d’antennes pas de pinces,
Il y avait aussi une cochonnerie,
Une saillie (ouais) ; une bavure.

Je crois que c’est le mot enflure.
Enflure c’est net,
Pas d’enjolivure,
Pas de papa-tes,
Pas d’excroissances charnues.

Au fait, ça sert à quoi une paire de pinces.
Des agrafes, des grappins, des crocs, des griffes, des harpons, des dards.

Merde, tout ça pour ça ?

ENCORE UN PEU D’HUMOUR

On ne me dira pas,
Que des gens qui ont un rôle aussi important que soigner
Leur congénères et parfois les guérissent.
Brefs des gens aussi important que des techniciens de surfaces,
Sans qui nous ne respirerions que de la poussière.

J’ai demandé si je pouvais reprendre à jouer du sax baryton,
Oui, m’a-t-il répondu, mais sans effort de mémoire.
Mais j’en ai vu un formidable hier, dans l’orchestre de Laurent Mignard
Ah ? Oui, vous voulez parler de Fred Couderc.

J’avais des nouvelles de ce concert, où il y avait beaucoup
De personnes âgées. Normal pour cette musique, de plus quand elle est bien jouée.
Il est à remarquer cependant, qu’elle convient souvent à cette catégorie professionnelle.

Puis, il m’a expliqué plus tard, qu’il existait des trombones à coulisses sans coulisses
Vous voulez dire, des trombones à pistons.
Oui, c’est comme un trombone à coulisses, mais à la place ce sont des touches
Vous voulez dire, des trombones à pistons.
Ah, oui, ça c’est incroyable !
Je regrette de ne pas faire de musique, mes enfants oui, peut être que l’un d’eux se mettra-il au trombone à coulisse à piston.

Peut-être apprendra-il qu’il existe des saxophones en bois,
Des percussions de toutes sortes, des milliers de flutes …
Et des trombones de verre …

Mais comment peut-on à la fois jouer d’une coulisse et d’un piston ?
Mademoiselle, expliquez lui.

ECRIRE OU PAS

Cela fait trois semaines que je n’ai pas écrit. Je suis en vacances : pas de traitement.
C’est très facile au début.
Mais peu à peu,
Les facultés intellectuelles
Se rabougrissent. Normal sans doute, après un tel traitement.
Les copains sont toujours là,
Presque pas un jour dans en rencontrer un ?

Une semaine pour aller voir la famille. Et le reste a suivi. La rumeur a vite repris sa place.
Et les angoisses reviennent.
Une brouille incompréhensible.
Tu as un comportement
Quasi-normal.
Impossible d’apparaitre
Malade dans ces conditions.

Les leçons, les combats contre son camp.
Non, pas de ça.
La paix, la paix, la paix.

Hier j’ai fait des papiers :
Carte sécu et mutuelle,
Anciens examens,
Une boîte et une seringue,
Lettre du médecin traitant,
Rappeler psychologue,
Rappeler l’orthophoniste,
Prise de sang.

Tout ça je tiens encore à le faire,
On y a intérêt, si tu as tendance à tout oublier,
Mon médecin traitant, m’a même félicité,
Pour mon sens de l’ordre et de l’organisation.
Les malades qui vous balancent
Tous les médicaments sur la table,
Sont tellement plus fréquents.
Ah, un peu d’encouragements.

LES VALEURS

Et l’orthophoniste.
Il m’a fait peur
Pour des raisons évidentes,
Il a voulu me faire apprendre
L’alphabet à l’envers
Je n’ai rien pu en retenir.
Le moral était dans les chaussettes.
On a retrouvé plus tard
Des méthodes plus lentes,
Mais plus rassurantes. Mon handicap, à part les math
Qui est définitive
Serait relativement léger.
Mes lettres sont déformées.
J’ai encore beaucoup de difficulté
Avec l’ordre alphabétique.
Je n’ai perdu le sens des valeurs,
Sauf l’essence et le diesel,
Normalement, sans permis,
Je n’en consomme plus.

Peut-être un jour redeviendrai-je,
Une personne presque normale.

Un matin sur trois une femme
Vient me faire le ménage.
Le soir une infirmière,
Vient contrôler si je prends bien mes médicaments.
Le prétexte est que comme dans ce genre de maladie
On est souvent soumis à l’oubli.
Oui, mais si je l’oubli à midi,
Ou le soir, où avant d’aller au lit.
Et la chimio, tiens je vais la faire venir à 7 h du matin.
Non, elles sont très gentilles.


LA QUESTION

La vie se rétrécit.
Cela fait partie des symptômes.
Je vais voir un orthophoniste
Et un psychologue,
Pourquoi ces les psychologues ne sont-ils
Remboursés que s’ils sont salariés.
La médecine libérale peut-être.

Des questions me turlupinent.
Comment un service de neuropsychologie
Peut-il être fait de marteaux piqueurs ?
Comment un chirurgien, un médecin
Où une assistance sociale, Comment est-il possible qu’un
Directeur de maison de repos,
Laisse son chien hurler
Toute la journée. Pourquoi la recherche est elle basée uniquement
Vers des bases structurelles.
L’autorisation du charlatanisme.

Il me semble qu‘il manque une question :
La question POURQUOI.
POUQUOI autant de distance entre ceux qui prennent
Les décisions et ceux qui les subissent ?
POURQUOI aussi peu de gens entre les équipes ?
POURQUOI aussi peu de gens entre les vivants et la vie ?
POURQUOI ne pas s’en mettre plein les poches avec le Médiator ?
L’efficacité peut être.

Pourquoi aller moins vite ?
POURQUOI faire avec plus de moyens
(Un pruneau est plus efficace que des tonnes de médicaments) POURQUOI être moins rentable ?
POURQUOI ne pas vendre plus de médicaments,
Quand on a pour métier de vendre des médicaments ?

POURQUOI ?


BONS CONTROLES

Vous savez, il s’est décarcassé,
Il aurait pu, lui aussi, travailler.
Il a une vie lui aussi.
Je le comprends parfaitement
Et lui en suis très reconnaissant.
C’était ça où la gériatrie.
Cela dit, il a gagné autant d’argent
Qu’en travaillant.

Et les indiens, on les mets dans des réserves.
Vous savez, des places, il faut encore qu’il y en ait,
Ça ne court pas les rues ?

La vie pour les vivants,
Les malades dans des réserves de malades.

La psychologue nous indique
Que les séances ne font pas partie
De la maladie prise en charge à 0 %.
Le chauffeur de taxi réagit en pensant,
Que la chimio faisait partie du traitement.
Il est partie au secrétariat et m’a ramené
Tous les bons de transports nécessaires.
Évidemment, la médecine libérale,
C’est plus simple.

C’était ma visite de contrôle.
Ça va très bien.
On ne peut pas rêver mieux.

JOUEUR DE BLUES

Depuis quelques jours,
Une infirmière vient me voir de 16 à 17.
Pourquoi ?
M. parce que Monsieur, vous perdez la mémoire ;
Et vous pourriez donc oublier de les prendre.
Oui mais à 7-9, à 11-13 ou à 20-22,
La mémoire me serait-elle miraculeusement revenue ?
Elles sont très jolies, vous verrez.
C’est vrai.
Une fois par semaine,
Elle me prépare
Mes boîtes de médicaments.

Mais, chez nous on à une vie aussi,
Seul et sans permis,
Ni aucun autre moyen de déplacement.

Aucune réponse, aucun mot.
Bien sur, il y a d’autres moyens,
Et d’autres structures.
Aucun mot. Serions-nous de simple
Produit médicaux,
Les effets de leur science.

Joueur de blues, Joueur de blues, Joueur de blues, Joueur de blues …

COMME UN ANGELOT

Depuis quelques mois
Je joue le rôle de cobaye.
Un mois de somnifère,
Trop fatigant pour la journée.
Un mois de tranquillisant,
Trop d’allée et venue
Pour allez aux toilettes.
Puis de nouveau
Un mois de somnifère.
Et on recommence.
Et l’urologie pourquoi
Ne pas y faire un tour.
Ça ne sert à rien Monsieur,
Les urologues sont des
Arracheur de prostate.
Bravo, pour le travail en équipe.
Un cachet blanc,
Puis un autre blanc :
Mais pas au même moment.
Effet garanti.

J’y suis allé de mon propre chef.
Les arracheurs de prostate ont fait leur mieux.
Et depuis, je dors comme un angelot.

UN HOMME COMME UN AUTRE

Il n’y a jamais eu de continuité
Dans le récit.
Un jour, un sujet peut s’y prêter,
L’article d’aujourd’hui,
Est venu spontanément.

Le but de cette théorie (hi, hi ?)
N’a jamais été de faire
Le tri entre les bons
Et les mauvais médecins.
Il y a des bons maçons
Et des mauvais profs
Mai il est vrai qu’ici que le mal
Est souvent érigé en système.
Bien sur qu’il y a de bons médecins,
Mais le système, d’où vient-il ?
Il existe aussi d’autres systèmes
Médicaux dont la valeur
N’est surement pas moindre.

Je n’ai pas d’explication,
Mais il pourrait peut-être en avoir une
La rédaction des papiers,
L’absence totale de pédagogie,
Auxquels certains cèdent parfois,
L’aisance et la hauteur,
Le manque de décence et de respect.

Je n’avais jamais été
Confronté à ce genre de projet,
Je l’ai connu par le haut,

C’est vrai.
Sauf peut être parfois,
Avec des médecins exerçant
Sur un endroit fixe, sur lesquels,
On ne s’arrête pas. Ceux qui prétendent
Accorder la même importance
A un malade du cerveau,
Qu’à un cancéreux.

Ce n’est peut-être pas pour rien
Qu’il y a un ordre des médecins,
Ce n’est peut-être pas pour rien
Que les médecins sont rares
Dans nos campagnes.

J’ai rencontré hier,
(Mais avant aussi)
Des hommes faisant leur boulot,
Sans se prendre la tête.
En répondant aux questions,
En termes compréhensibles.
N’y aurait-il pas là, un risque
De nos vieux galimatias médicaux
Bref, pourquoi un super-médecin,
Médecin et super,
Ne serait-il pas un homme comme
Un autre ?


VOILA, A PLUS QU'A RECOMMENCER...

Il y a très longtemps
Que je n’ai pas écrit. Rien à dire peut-être
Ou la mémoire a tout échappé.

Il est loin le temps
Ou une dizaine de personnes
Venait me voir dans ma chambre
Si aujourd’hui, il y a Didier
Qui vient souvent.
Marcel au grès de sa fantaisie,
Jacques (Laval)
Grace à qui je peu aller parfois
Au cinéma.
Et mon aide à domicile.

Je n’ai toujours pas de voiture
Et sans doute je n’en aurait jamais.

Au début, il fallait
La tranquillité familiale :
Raté, puis ça c’est calmé.
Maintenant, l’ennui ou çà,
Ca ne fait pas de grande
Différence alors
Écrivons.

Je n’ai pas beaucoup
Perdu en langage,
Sauf quand Didier et Isa
Sont venus,
Le stress sans doute
D’avoir oublier le plat
Principal,
Je n’en plaçais plus une.

Bien sûr que j’en ai perdu,
Et du vocabulaire
En étant presque toujours seul.
Jeudi, 2° jour de chimio
J’ai voulu porter
Deux gros sacs de supermarché :



LA PETITE INFIRMIERE


Bon, c’est une infirmières.
J’avais son n°
Je ne m’en suis servi qu’une fois
Je venais râler parce qu’un
Chauffeur de taxi n’avais pas
Ramener les médicaments.
Je me sui fait engueuler comme
Pas possible
Un chauffeur de taxi,
N’a pas pour rôle
De chercher de médocs. Pas plus qu’une infirmière
D’aller chercher des médicaments
(Je serai malin moi, sans permis)
Je me tus, car quand ça fait
Trop de bruit je peux plus parler.
Le lendemain je lui ai expliqué
Que si elle faisait
Un très beau métier
Moi en activité
J’étais prof de Droit
Et qu’il me restait
Quelques souvenir Notamment je lui ai parlé d’abus
Sur la personne, très fortement condamnée
Sauf ici : article officiel et photos D’identité, et encore les tribunaux
Ne vont pas d’amuser avec ça.
Elle a juste
Daigné mettre son doigt
Sur un point d’exclamation :
Et ceci c’est quoi.

A chaque changement
De médicament,
Il y en a toujours
Plein sur la paillasse
Et qu’est ce que j’en fais, moi ?
Ben, vous n’avez qu’à les jeter.
J’adore ce genre de comportement.

Il y en a une autre avec
Qui je n’ai pas besoin
D’avoir de discussions
Juridiques
Et qui agit
Normalement avec
Les médocs.

Finalement, c’est pas dur de jouer au médecin.

LA GUEGUERRE

C’est la guerre.
La guerre parce toi,
Machin, tu ne
M’as pas envoyé
L’électroencéphalogramme
Ben non, il l’a gardé
Pour lui tout seul.
Eh toi tu l’as : pas plus. On va donc faire le notre.
Moi je fais où on me dit
De faire.
Je vais faire un
Électroencéphalogramme,
Chez un type pas du tout
Agréer pour la préfecture.
Ça ne fait rien, je connais
Un type de la commission
Du permis qui te diras,
Sans passe droit, si tu peux
Conduire où pas.

Moi, je sais très bien
Qu’avec la chimio,
Je ne pourrai pas conduire
Donc à la prochaine visite
De l’oncologue, il me dira
Si un jour ou l’autre,
Il arrêtera la chimio.
Et je me fierai à ce qu’il me dira.

Et pendant ce temps,
On se tape sur la gueule
Du client, patient.

Patient, très patient.


MEMOIRE?

Je prends un médicament,
Car l’un qui était prévu
A été supprimé (pourquoi ?)
Ce nouveau médoc est un sédatif.
Je vois dans la notice que :
« Des troubles de mémoires,
Ainsi que des altérations
De fonctions psychomotrices
Sont susceptibles d’apparaitre
Dans les heures qui suivent
La prise du médicament. »
Je m’en tiens au principal.
Et qu’est-ce que je fais
Pour abandonner le traitement.
« Risques de DEPENDANCE :
Ce traitement peut entraîner,
Surtout en cas d’utilisation
Prolongée un état de dépendance
Physique et physique… »
Et moi, je fais quoi ?
J’attends le rendez-vous,
Avec l’oncologue, pour avoir
Son propre diagnostic.

Tique, tique.

Au fait, le permis c’est râpé.
Enfin (le faux : voir guéguerre)
On se serait cru devant un jury
De bac (pas le mien,
Je ne suis pas comme ça).
Pas d’attente, pas de rémission :
Question, Réponse.
Mon orthophoniste m’a dit :
Il fallait me le dire,
Moi je vous l’aurez fait faire.
De toute façon, celui-là
Ne vaut rien.
On attendra le vrai,
Et je l’aurai bien préparé
Avec l’orthophoniste.

EXALTANT

Lundi : une aide à domicile.
Pour une fois, je vais occuper
Du mot « une ».
Pourquoi n’y a-t-il pas d’hommes
Et de femmes de domicile
Et d’auxiliaire de vie.

Mardi : une aide à domicile,
Sinon des bricoles un arbre de Noël,
L’hiver, l’été des bricoles.

Mercredi, une femme de compagnie,
Quatre, heures dans l’après midi
Nous allons dans le camp romain de Sireuil, Qui connait ?
La Chapelle troglodytique de Caudon.
Des fois nous allons aussi au ciné :
L’enfant et le vélo.
Avec une autre dame de compagnie,
J’ai vu le début
« De la planète des singes ».
J’ai bien dormi.
Pour le reste on fait aussi les courses.

Jeudi, une femme de compagnie
Et quelques exercices d’orthophonie.

Vendredi : ¾ d’heure d’orthophonie.

Samedi, on s’occupe.

EXALTANT

L’Été j’ai aussi des loisirs,
L’Été je lis.
Je passe des vidéos,
J’ai commencé à envoyer des invitations
La 1° fois, j’avais oublié le plat principal.
La 2° fois, c’était mieux.


LA VIE D'UN CON

La solution idéale, ce serait d’être en ville;
Mais pour quoi faire,
Voir des copains où ça ?
Sinon, j’écris (courrier administratif),
Je fais de la musique :
J’ai oublié hier, ce que j’ai fait aujourd’hui
Pour quoi faire : pour être deux magasins,
Au lieu de ma belle maison fleurie.
A l’aérogare, je me verrai plutôt mal.
Et encore, il me faudrait
Quelqu’un pour m’y conduire.
J’irai voir mes parents,
La quatrième semaine
Sera celle de la prise de sang
Et de l’oncologue.
Je regarde des émissions,
De jour : rien.
Et le soir je dors.
Je lis, j’ai même appris
A lire des polars.
Puis après c’est la vie des champs
Qui reprennent.
BON, voila la vie d’un con,
Je vais attendre la visite du docteur de Bordeaux, qui me dira peut être si je peux Conduire, pas de rejet du deuxième .
Peut être que ça suffira ;
Sinon, on verra.

DE LA BONNE ENTENTE DES MEDECINS

Médecins remplaçant,
Médecins remplaçant
De remplaçant,
Enfin bref, tout un mélo. Depuis 2 jours
Et malgré mes appels
Incessants, il a fini,
Par venir le 3ème jour.
Nous discutâmes,
Et parlant de celui
Qu’il remplaçait
Il m’a dit :
Que le diable me persécute
Si c’est faux.
« Oh, lui, c’est un péteux »
Je l’ai rappelé le lendemain
Attendez, je suis venu hier
Et il me raccroche au nez.
En général quand il y a des questions
Il y a des réponses qui vont avec.
Exemple les gris-gris les accolades,
Le mode d’administration …
Résultat : j’ai passé une demi-journée
Pour retrouver l’autre ordonnance
Elle reste chez le pharmacien,
On fait comme ça maintenant.
Quand au moyen d’administration,
Il dépendait du moyen de chauffage
J’aurai pu lui apprendre
Q